Tout savoir sur la coproduction – Avantages et inconvénients

Qu’est-ce qu’une coproduction cinématographique ?

Dans le secteur du cinéma et de l’audiovisuel, une coproduction peut être déterminée par un contrat liant au moins deux producteurs pour une seule et même production. Ces derniers sont donc partenaires et s’associent pour mettre en commun les ressources financières, humaines et techniques nécessaires à la réalisation de la production en question et uniquement cette production. Il existe également des coproductions dans d’autres domaines artistiques comme les spectacles ou la création d’un évènement… Pour ce qui est des coproductions dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel, il convient de définir de deux types de coproductions : les coproductions nationales et les coproductions internationales. De ce fait, nationale ou internationale, chacune possède ses particularités, ses avantages et ses inconvénients.

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Les conditions d’un contrat de coproduction national

A travers le contrat de coproduction, les coproducteurs regroupent leurs ressources. Ils partagent aussi bien les bénéfices que les risques que peuvent engendrer la production d’un film. Tous les producteurs se mettent alors d’accord pour déterminer lequel d’entre eux sera le « délégué », généralement il s’agit de la personne ou de la structure à l’origine de l’idée. Le producteur délégué est en charge de la gestion des ressources et des différentes parties prenantes du projet. Le producteur délégué doit informer tous les coproducteurs au fur et à mesure du déroulement du projet.

En instaurant un contrat de coproduction, les producteurs créent une société de participation, aussi appelé SEP, qui n’est pas immatriculée et ne possède ni siège sociale ni entité morale, ni capital… De facto, seuls les associés ont connaissance de cette société de participation et celle-ci, tout comme le contrat de coproduction, est dissoute à la fin de l’exploitation. Ensuite les coproducteurs peuvent se répartir les bénéfices et les pertes selon ce qui a été convenu lors de la rédaction du contrat.

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Lors de la rédaction du contrat, il ne faut pas oublier de préciser plusieurs choses comme :

Les antécédents de chaque partie ;

L’objet du contrat ;

Les responsabilités de chaque associé,

Les apports initiaux (qu’ils soient numéraires, en industrie ou en nature) ;

La durée du contrat ;

Les garanties apportées par chaque partie… etc

Vous trouverez plus de détails sur les clauses qui doivent impérativement figurer sur le contrat de coproduction ici.

Quels sont les avantages d’une coproduction ?

Augmenter le budget de production

Il existe différents moyens pour financer un film : aides du CNC, SOFICA, pré-ventes, Procirep, avance des distributeurs… Toutes sont de bonnes solutions mais elles sont souvent insuffisantes pour couvrir tous les coûts d’une production. Puisque le contrat de coproduction permet aux coproducteurs de regrouper leurs ressources, y compris financières, il s’agit d’un premier avantage évident pour le projet. Dès lors que le contrat de coproduction est établi, alors les producteurs peuvent réaliser un film qu’ils n’auraient peut-être pas pu concrétiser individuellement !

Bénéficier de savoir-faire différents

En mutualisant les ressources, les producteurs unissent leurs forces mais également celles de leurs collaborateurs. Cela permet d’avoir un œil nouveau sur le projet, en dehors de celui du producteur initiateur de l’idée.

Jouir de nouvelles infrastructures et de nouveaux décors

Un autre bénéfice de cette alliance est le fait que chaque structure, en plus de leurs équipes et de leurs moyens financiers, peut faire profiter ses associés de ses ressources matérielles.

Limiter les pertes

En regroupant leurs moyens de production, il va de soi que le budget global du projet soit plus important que le budget prévisionnel. Réciproquement, les différentes parties prenantes du projet limitent les risques financiers puisqu’ils contribueront à hauteur d’un pourcentage qu’ils auront déterminé ensemble dans le contrat de coproduction.  

Trouver plus facilement un associé

Les risques sont limités grâce au contrat de coproduction, de ce fait, un partenaire sera plus facilement convaincu de contribuer au projet car cela constitue une garantie supplémentaire.

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Créer un partenariat à long terme

Dans l’éventualité où le film est un succès et que celui-ci engrange des bénéfices, alors ce film peut être le début d’un véritable partenariat entre les différentes parties prenantes !

Développer un réseau professionnel à l’international

La France a déjà signé près de 50 accords de coproduction avec d’autres pays. Ces accords permettent de donner une double voire une triple nationalité à un long-métrage. Non seulement une coproduction internationale permet d’accéder à de nouveaux marchés, mais il peut même arriver que, dans certains cas, ces accords servent également un intérêt diplomatique.

Les accords de coproduction signés par la France – source : jurispedia.org

Exporter son film à l’étranger

Dans le cadre d’une coproduction internationale, ce type d’accord représente un avantage pour exporter un film français en dehors du territoire tout en réduisant les coûts. Par ailleurs, les coproductions entre pays partageant la même langue dispensent des frais de doublage des voix.

Bénéficier d’aides supplémentaires pour votre film

En effet les coproductions internationales permettent de pouvoir prétendre aux aides et crédits d’impôts de chaque pays dont provient un producteur. Par exemple, pour une coproduction entre la France et l’Allemagne, les producteurs sont éligibles aux aides françaises mais également aux aides allemandes.

Quels sont les risques liés à une coproduction ?

Ne pas s’entendre avec ses co-producteurs

On dit souvent qu’une coproduction est comme un mariage. Quand les coproducteurs s’entendent il n’y a pas de problème. Cependant lorsqu’ils ne s’entendent plus, la coproduction est en péril. Il faut donc s’assurer de choisir un coproducteur avec lequel on s’entend bien.

Perdre de l’argent

En plus de partager les bénéfices, les producteurs partageront également les pertes potentielles à la fin de l’exploitation. Cela peut d’ailleurs dépendre du point suivant…

Ne pas contrôler la gestion des ressources

Il est important que le ou les producteurs accordent leur confiance au producteur délégué car c’est lui qui prendra toutes les décisions ! Réciproquement, le producteur délégué devra tenir au courant les autres producteurs de toutes les décisions prises et aura des échéances à respecter. Il est important d’établir une confiance entre les associés pour éviter une éventuelle défaillance du producteur délégué.

Collaborer sous un régime fiscal différent

Ici en l’occurrence nous prenons l’exemple du Canada mais chaque coproduction internationale doit être étudiée au cas par cas.

En effet au Canada il est possible de bénéficier de deux types de crédits d’impôt, l’un pour les services de production, l’autre juste pour la production. Il existe également un crédit d’impôt fédéral et des crédits d’impôts régionaux, qui sont tous les deux cumulables. Certaines provinces ont d’ailleurs un crédit d’impôt favorable à la production, comme l’Ontario. Bien que les programmes canadiens soient plus souples que ceux du système français, il est important de considérer que les dépenses ne sont pas toutes éligibles. De plus, les délais de versement du crédit d’impôt sont généralement plus longs qu’en France. Toutefois le crédit d’impôt, au-delà des délais de versement, reste très intéressant dans le cas d’une coproduction avec le Canada.

Devoir tourner dans tous les pays participants

En effet certaines aides requièrent d’avoir des ‘marqueurs’ nationaux. En d’autres termes, il faut tourner une partie du film dans le pays en question et montrer un aspect de sa culture. Il faut donc que le scénario ou la production est un lien avec les pays coproducteurs pour justifier d’une coproduction internationale. Par exemple, si une société de production tourne un reportage sur les Kangourous en Australie, cela serait tout à fait justifié d’organiser une coproduction avec une société australienne.

Faire face à une autre culture du travail

Il existe une réelle divergence dans les cultures, aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Par exemple, un employé qui restera tard au travail en France se fera bien voir par son patron. Alors qu’un employé qui termine tard aux États-Unis signifie que cette personne n’avait pas terminé ses tâches. Les lois de travail sont aussi différentes et il faut donc bien faire attention de s’entourer des bonnes personnes afin de s’assurer que la production suive les différentes législations. 

Conclusion – Pourquoi coproduire un film ?

En bref, le moteur d’une coproduction peut être soit financier soit artistique. En s’engageant dans une coproduction, les producteurs acceptent de mettre à profit leurs moyens financiers, leur créativité, leurs compétences et leurs matériels, ce qui peut s’avérer utile pour financer et réaliser le film en question ! Une coproduction internationale quant à elle, va permettre à la production d’être éligible aux dispositifs des différents pays. Bilatérale ou multilatérale, une coproduction représente donc un avantage économique certain, même si à ce jour, la plupart des films européens ont fait le choix de rester nationaux. Ce choix peut être motivé par la peur des producteurs de collaborer avec quelqu’un qui ne partagera ni ses opinions, ni sa culture, ni sa façon de voir et gérer le projet.

Si cet article vous a plu, ou bien si vous avez des remarques et/ou des questions, n’hésitez pas à nous contacter !

Source : Juristica, INA et CNC

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