InnovUP 2018 : l’entrepreneuriat sous de nouvelles formes

Du 19 au 23 novembre 2018 : InnovUP – une semaine dédiée à l’innovation

 

A l’occasion de la 3ème édition d’InnovUP, l’Université de Poitiers, en partenariat avec la Technopole EurekaTech du GrandAngoulême, met en avant le FAB®ICC, équipe pluridisciplinaire dédiée aux Industries Culturelles et Créatives (plus communément appelées ICC) et financée par le programme de recherche CPER/FEDER INSECT.

 

 

 

 

« Créer de la valeur demain dans les Industries culturelles et créatives ? »

 

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises prennent conscience du rôle joué par la créativité dans l’élaboration de nouveaux modèles d’affaires. Si bien que les notions d’entrepreneuriat et d’innovation sont devenus les sujets de nombreux travaux. C’est notamment le thème qui a été abordé lors de cet après-midi du 21 novembre à Angoulême, animé par trois conférenciers.

 

Dans un premier temps, Laura Aufrère, doctorante en gestion (Centre d’économie de Paris Nord, Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité), a ouvert la marche en illustrant les « Nouveaux modèles solidaires dans le secteur artistique et culturel : organiser la création en commun(s) et pour le commun ». Où elle nous a expliqué, qu’au delà d’une logique de production, nous assistons à la naissance de nouveaux modèles organisationnels au sein des communautés d’artistes. Et de plus en plus, parmi ces communautés s’organisent en commun(s), voire coopèrent,  partagent leurs ressources et leurs savoirs. C’est sur cette approche que Laura Aufrère a mis l’accent : la diversité culturelle et artistique à l’essence même du travail.

 

people sitting in front of computer monitors

 

Lucile Aigron, co-gérante de la Coopérative Tiers-Lieux, a continué en faisant le lien avec les tiers lieux et leurs rôles dans l’entrepreneuriat culturel. Lucile Aigron, au départ graphiste indépendante, nous a d’abord exposé son histoire. Lorsqu’elle a décidé de se lancer en tant qu’artiste auteure indépendante en 2007, elle s’est rapidement rendue compte qu’elle avait besoin d’un endroit pour pouvoir recevoir ses clients autre que son appartement. Or, le prix mensuel d’un local en ville était bien trop cher. Elle a commencé à expliqué aux représentants de la région la nécessité d’un endroit commun pour travailler, s’inspirant des espaces de co-working parisiens. Aujourd’hui, la région Nouvelle-Aquitaine dénombre près de 192 tiers-lieux, des espaces insufflés par l’économie collaborative, sociale et solidaire.

 

Pour finir, Vincent Puig, directeur exécutif de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou, a soutenu « Le Revenu contributif comme extension du régime des intermittents et du logiciel libre »Répondant à la réduction de l’emploi liée à l’automatisation généralisée, Vincent Puig propose un modèle économique proche du régime des intermittents du spectacles et du logiciel libre. Ce modèle tente de définir localement des indicateurs de richesse pour ouvrir sur un dispositif de revenu contributif pouvant s’appliquer dans les Industries Culturelles et Créatives.

 

« Choisir le bon statut et faire évoluer le modèle économique de votre projet »

 

Puis est venu le moment de la table ronde à laquelle notre chevalier Stéphanie Chapelle a participé, aux côtés de Christine Graval, associée cogérante du Consortium Coopérative Ligugé ; Geoffrey Betoulle, association Les Mains Sales, collectif d’auteurs de BD ; Thierry Quinqueton, éditeur-chercheur et Nicolas Picoulet, directeur Urscop (Union régionale des Scop de Poitou-Charentes). Ces quatre derniers étaient tous issus de l’économie sociale et solidaire.

 

Dans un premier temps, Julie Bernala a représenté Consortium Coopérative, qui depuis 2015, accompagne les porteurs de projets dans la création de leur activité. Consortium Coopérative offre un véritable appui pour les personnes qui songent à se lancer dans l’entrepreneuriat mais veulent tester leur activité d’abord. Ces personnes deviennent dans un premier temps entrepreneurs accompagnés puis salariés au sein de la SCOP. Elles bénéficient d’une aide administrative non négligeable.

 

Inspiré de la pièce de Jean-Paul Sartre, l’association Les Mains Sales était représentée par Geoffrey Betoulle. Spécialisé dans la sérigraphie, l’atelier est aujourd’hui devenu une référence dans la ville de la bande dessinée. Geoffrey a plusieurs cordes à son arc et est venu nous présenter un nouveau tiers lieu qui ouvrira ses porters à l’horizon de 2020 à L’Houmeau. Son nom : Le Cosmolab.

 

Toujours dans l’économie sociale et solidaire, Thierry Quinqueton, éditeur-chercheur à l’Université de Poitiers, nous a fat part de ses recherches et réflexion sur le monde de l’édition en France. Thierry conseille, accompagne et soutien les maisons d’éditions et les institutionnels. Ses activités font écho à son parcours et à son expérience avec le milieu éditorial.
En tant que directeur de l’Union régionale des SCOP de Poitou-Charentes, Nicolas Picoulet, assure le suivi des coopératives déjà existantes tout en accompagnant les porteurs de projets ou structures qui veulent créer ou se transformer en SCOP ou en SCIC. 

 

Stéphanie Chapelle a fini la table ronde. Seule représentante de l’économie traditionnelle, Stéphanie est spécialisée dans l’accompagnement des projets culturels. Elle a fondé IBAcentral il y a deux ans, une société qui aide les porteurs de projets à élaborer leur stratégie de développement et de financement, notamment, grâce à une plateforme numérique qui recense les programmes de financement disponibles pour les projets culturels. Stéphanie a conclu l’après midi en affirmant que le terme d’entrepreneur pouvait s’appliquer à tous les porteurs de projets de l’industrie créative et culturelle pour peu que leur objectif premier soit la pérennité de leur activité, et ce quelque soit leur statut. 

Un entrepreneur, c’est quoi ?

Lauréate du Réseau Entreprendre, voilà bientôt deux ans que Stéphanie a lancé IBAcentral, une plateforme numérique qui recense les programmes d’aide et de financement des projets créatifs et culturels. Lors de la table ronde, elle en a profité pour donner sa définition d’un entrepreneur. En réalité, il s’agit d’une personne à l’origine d’une activité économique, ou en d’autre termes, un chef d’entreprise, possédant les compétences et la motivation suffisantes pour se lancer dans un secteur d’activité. A la différence d’un homme d’affaires, l’entrepreneur ne cherche pas à maximiser son profit, mais davantage à pérenniser son activité. L’entrepreneuriat ne devrait donc pas s’apparenter à un vilain mot dans les Industries Culturelles et Créatives, bien au contraire.

 

person touching gray laptop computer

 

En tant que seule représentante de l’économie traditionnelle lors de cette table ronde, elle a soulevé le fait que le statut devait être déterminer par plusieurs facteurs : notamment par les objectifs et les possibilités de financements. C’est d’autant plus compliqué lorsque cela concerne les Industries Culturelles et Créatives, c’est pour cela que de nouveaux modèles économiques émergent, comme ceux abordés précédemment. Ainsi, choisir la structure adéquate pour son entreprise, c’est avant tout favoriser son développement. 

 

Si vous êtes porteurs de projets, alors n’hésitez plus pour vous lancer dans l’aventure ! Vous pouvez également nous contacter pour obtenir plus d’informations !

 

A bientôt,

 

IBA